D’après les données de Booking.com, Paris reste la destination préférée des voyageurs pour février 2025, une position qu’elle occupe avec une certaine désinvolture, comme une évidence. Mais Nice, elle, ne se contente pas de suivre : elle résiste, s’impose, et se hisse à la deuxième place du classement. Preuve que son charme opère bien au-delà des mois d’été, quand le soleil de la Côte d’Azur devient presque secondaire face à son patrimoine, sa culture et son ambiance. Quant à Menton, la discrète, elle commence à grignoter du terrain, s’invitant doucement dans ce paysage touristique en mutation. Une évolution qui en dit long sur les nouvelles envies des voyageurs, entre tradition et découvertes inattendues.
Nice, une destination qui séduit toute l’année
Avec 14,8 millions de passagers accueillis en 2024, l’Aéroport Nice Côte d’Azur affiche une fréquentation en hausse de 3 % par rapport à 2023, confirmant son rôle central dans l’attractivité de la région. Cette progression souligne non seulement la diversité et la richesse de l’offre touristique niçoise, mais aussi la capacité de la ville à attirer des visiteurs internationaux grâce à des infrastructures modernes et une accessibilité renforcée.
Une offre touristique diversifiée et en plein essor
Nice se distingue par son calendrier événementiel riche et sa stratégie de communication efficace, qui ont permis une augmentation significative de la fréquentation touristique. En 2024, la ville a enregistré une hausse moyenne de 3,4 points du taux d’occupation hôtelière, avec des pics à 89 % en juillet lors de la Grande Arrivée du Tour de France et à 90 % en août pendant le Nice Jazz Fest!. Ces événements, combinés à des nouveaux équipements hôteliers et à une offre culturelle variée, ont renforcé l’attractivité de la destination. Selon un article du Nice-Matin publié en janvier 2024, cette hausse est également due à une stratégie de marketing territorial renforcée, visant à promouvoir Nice comme une destination quatre saisons.
Le rôle clé de l’Aéroport Nice Côte d’Azur
L’aéroport, deuxième en France après Paris en termes de trafic passagers, a joué un rôle déterminant dans cette dynamique. Avec 122 destinations dans 45 pays, dont des liaisons long-courriers vers les États-Unis, le Canada et les États du Golfe, il a permis à Nice de se positionner comme une porte d’entrée internationale pour la Côte d’Azur. De plus, les travaux en cours pour augmenter la capacité annuelle de l’aéroport à 18 millions de passagers d’ici 2026 témoignent d’une vision à long terme pour répondre à la demande croissante. Un rapport de La Tribune en mars 2024 souligne que ces investissements sont essentiels pour maintenir la compétitivité de l’aéroport face à la concurrence régionale.
Le Fonds Tourisme Côte d’Azur : un levier de modernisation
Le Fonds Tourisme Côte d’Azur joue un rôle clé dans ce dynamisme. En 2025, 4 millions d’euros seront investis pour moderniser les infrastructures et soutenir des projets touristiques innovants. Des établissements comme l’Ibis Nice Aéroport et le Novotel Cap 3000 ont déjà bénéficié de ces investissements, contribuant à améliorer l’expérience des visiteurs et à renforcer la compétitivité de la région. Selon un article du Moniteur en février 2024, ces projets visent à moderniser les infrastructures existantes et à développer de nouvelles offres, comme des hébergements éco-responsables et des expériences touristiques immersives.
Impact économique et perspectives
L’augmentation de la fréquentation touristique a eu un impact économique significatif. En 2024, la taxe de séjour a généré 15 millions d’euros, tandis que les retombées économiques des événements comme le Carnaval de Nice ont atteint 35 millions d’euros. Les perspectives pour 2025 sont tout aussi prometteuses, avec une hausse des réservations hôtelières et des investissements continus dans les infrastructures touristiques. Un rapport de L’Écho Touristique en avril 2024 indique que Nice est l’une des destinations européennes les plus dynamiques, avec une croissance annuelle moyenne de 5 % prévue pour les cinq prochaines années.
Vers un tourisme plus responsable
Nice s’engage résolument dans une démarche de tourisme durable, en alignant son développement touristique sur des pratiques respectueuses de l’environnement. En 2025, la ville comptera 54 établissements labellisés Clef Verte, un label international qui récompense les hébergements, restaurants et autres structures touristiques pour leurs efforts en matière de gestion des déchets, d’économie d’énergie et d’eau, ainsi que de sensibilisation des clients à l’écologie. Parmi ces établissements, on retrouve des hôtels comme le Holiday Inn, le Best Western Lakmi, et l’auberge de jeunesse Slo Nice, qui rejoignent des institutions emblématiques telles que le Negresco et le Boscolo. Selon un article publié sur Explore Nice Côte d’Azur dans le cadre de l’initiative « Objectif Clef Verte 2024 », cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de la Métropole Nice Côte d’Azur, qui vise à devenir une référence en matière de tourisme durable, avec 68 établissements labellisés sur son territoire.
La ville ambitionne ainsi de concilier développement touristique et préservation écologique, répondant aux attentes des voyageurs modernes. Pour atteindre cet objectif, l’Office de Tourisme Métropolitain Nice Côte d’Azur (OTM NCA) a mis en place un programme d’accompagnement pour aider les professionnels à obtenir le label Clef Verte. Ce programme inclut une aide financière et technique, avec des audits pris en charge à 100 % pour la première année de labellisation. De plus, des initiatives comme l’utilisation d’énergie renouvelable, le tri sélectif des déchets et la promotion des circuits courts sont largement encouragées. Comme le souligne un article de Meet in Nice Côte d’Azur, intitulé « L’OTM NCA intègre le réseau Acteurs du Tourisme Durable », ces efforts ont permis à Nice de se hisser parmi les villes les plus engagées en France en matière de tourisme durable.
La programmation événementielle de Nice contribue également à son attractivité, en combinant tourisme culturel, sportif et d’affaires. En 2024, la ville accueillera des événements internationaux majeurs comme la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), qui se tiendra du 9 au 13 juin dans le nouveau Centre des Congrès de Nice. Cet événement, ainsi que les Jeux Olympiques d’hiver de 2030, pour lesquels Nice a été désignée pour accueillir les épreuves de glace et la cérémonie de clôture, renforcent la position de la ville comme une destination de premier plan pour le tourisme d’affaires. Selon un article de Invest in Côte d’Azur, intitulé « Tourisme Été 2024 : chiffres records pour Nice Côte d’Azur », ces événements devraient générer des retombées économiques estimées à plus de 100 millions d’euros pour la région.
Sans oublier le Carnaval de Nice, un événement emblématique qui attire chaque année des milliers de visiteurs. En 2023, le Carnaval a généré des retombées économiques estimées à 35 millions d’euros, contribuant significativement à l’économie locale. Ces événements, combinés à une offre hôtelière en constante amélioration et à une accessibilité renforcée grâce à l’Aéroport Nice Côte d’Azur, permettent à Nice de maintenir son attractivité tout au long de l’année. Comme le rapporte un article de Invest in Côte d’Azur, Nice est désormais considérée comme l’une des destinations les plus polyvalentes d’Europe, capable d’attirer à la fois des touristes de loisirs et des professionnels du monde entier.
Paris et Nice : deux visages de la France
Paris, évidemment, reste la reine du palmarès, indétrônable, incontournable, presque trop évidente. Mais Nice, elle, joue autrement : elle séduit sans forcer, avec son mélange de lumière méditerranéenne, de culture et de douceur de vivre. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour son « esprit de villégiature », la ville incarne l’idée même de la Riviera, cette ambiance hédoniste et libérée qui a attiré des artistes comme Matisse et Chagall.
Entre les deux, le choix devient cornélien. D’un côté, la capitale et son agitation créative ; de l’autre, la Côte d’Azur et son art de vivre. Les voyageurs, eux, hésitent, tergiversent, et finissent par se laisser tenter par les deux. Parce que pourquoi choisir, après tout, quand on peut avoir le meilleur des deux mondes ?

par